Pygmées français.                            287
de décorations, réciter, marcher, actionner comme des perfonnes vivantes fans qu'on les tienne fufpendues. » La Troupe Royale représenta ensuite les Amours de Microton, ou les Charmes d'Or-can, pastorale enjouée. En 1677, ce spectacle changea de nom et s'appela l'Opéra des Bamboches. L'Encyclopédie n'a pas dédaigné de s'occuper de ce petit spectacle et voici ce qu'elle en dit : « C'étoit un opéra ordinaire avec la différence que la partie de l'action s'exécutoit par une grande marionnette qui faifoit fur le théâtre les geftes convenables aux récits que chantoit un mufi-cien dont la voix fortoit par une ouverture ménagée dans le plan­cher de la fcène. » Toutefois la nouvelle dénomination de ce théâtre ne remplaça pas tout à fait l'ancienne dans la pratique usuelle, car à la foire Saint-Laurent de 1678 nous voyons figurer la Troupe Royale des Pygmées. Peu de temps après, ce théâtre, qui avait eu l'honneur d'exciter la jalousie de l'Académie royale de musique, fut complétement supprimé.
(Re-, dn Parlement, XI-, 8672. Encyclopédie, article du chevalier dc Jaucourt. — Magnin, Histoire des Marionnettes, 142.)
P YGMÉES FRANÇOIS (Spectacle des). Les succès obte­nus par les Fantoccini français,- marionnettes qu'un nommé Caron faisait voir sur le boulevard du Temple, engagèrent quel­ques spéculateurs à faire construire en 1785, au Palais-Royal, un théâtre qu'ils nommèrent les Pygmées français, et d'y faire jouer Caron et ses marionnettes. Ils inaugurèrent leur salle par le Nouveau Prométhée, prologue en un acte avec couplets, et par Arlequin protégé par Montus, vaudeville en trois actes. Les ma­rionnettes qu'on y montrait n'avaient que douze ou quatorze pouces de hauteur, et, comme à l'ancienne Troupe Royale des Pygmées, un acteur placé dans la coulisse parlait et chantait pour elles. Malgré la gentillesse de' ces petits comédiens et l'habileté de Caron qui les conduisait malgré les feux, cascades, bouquets.